Vanille, quand le gouvernement Malgache s’en mêle

La qualité de la vanille de Madagascar est en baisse depuis plusieurs années. Ceci est lié à deux principaux phénomènes, une cueillette souvent trop précoce des vanilles qui engendre des gousses immatures au taux de vanilline faible, et la mise sous-vide des vanilles alors qu’elles ne sont pas encore correctement séchées.

La mise sous vide trop précoce des vanilles impacte fortement le prix de revient des vanilles, l’année dernière il était nécessaire d’acheter 2 kilos de vanilles pour en obtenir 1kilo de qualité satisfaisante et stable. Outre la hausse du prix de revient, la qualité s’amoindrit puisque conditionnée sous-vide la vanille ne peut sécher et développer correctement ses arômes. C’est pourquoi de nombreuses personnes se sont retrouvées avec des lots de vanille moisis car mal séchés. Face à ces problématiques le ras le bol des clients se fait ressentir, et le marché de la vanille Malgache perd en crédibilité et en image qualitative.

Conscient du manque de pérennité pour le marché de la vanille, le gouvernement Malgache a décidé d’intervenir et de s’appuyer sur le groupement de la « Plateforme de la Vanille » intermédiaire entre entre l’Etat et la filière vanille.

Le groupement « Plateforme de la vanille » regroupe des exportateurs représentant 90% du volume d’achat de vanille de Madagascar. L’ensemble de ces sociétés possèdent toutes des agréments d’exportation, sont enregistrées au Registre du commerce, sont fiscalement immatriculées et respectent les normes sociales et d’hygiène.

Les buts de la plateforme sont multiples:

  • définir des dates appropriées et officielles d’ouverture de campagne
  • trouver des solutions pour lutter contre le vol de la vanille sur pied qui incite souvent les paysans à récolter plus tôt
  • prohiber la mise sous vide en brousse de vanilles non stabilisées

Divers rassemblement entre cette plateforme, l’Etat, des importateurs ainsi que de gros clients de l’industrie aromatique et alimentaire, ont abouti au renforcement de l’Arrêté ministériel n° 35255/2013 du 06 Décembre 2013. Désormais, depuis Mars 2016, toute circulation de vanille verte avant la date d’ouverture officielle de la campagne, ainsi que l’utilisation du sous-vide par le producteur jusqu’à l’exportateur sont strictement interdits.

Suite à ce nouveau décret, des vanilles vertes ont été saisies et brulées, mais ceci ne suffit pas à arrêter les contrevenants qui passent au dessus des lois ou s’adonnent à la corruption.

Le décret datant du mois de Mars, soit trois mois avant la date d’ouverture de la campagne 2016, nous n’avons pas assez de recul pour dire si les mesures sont correctement appliquées. Restons positifs, et attendons de voir comment agira le gouvernement pour la campagne 2017.