La Vanille de Madagascar : 1er producteur mondial

Madagascar, aussi appelée Ile Rouge du fait de la couleur de sa terre, est un pays très riche en ressources naturelles. La vanille considérée comme l’Or noir Malgache en est une.

La vanille de Madagascar pousse principalement dans la région de la SAVA (Sambava, Antalaha, Vohemar, Andapa), située au Nord Est de l’ile. Elle y représente une part très importante des revenus de la population.

Depuis plusieurs années, Madagascar est le plus gros producteur de vanille dans le monde, elle traite près de 85% du volume mondial. De ce fait, le marché de la vanille à Madagascar régit fortement  le marché mondial, et les producteurs tirent avantage de leur monopole quand ils le peuvent.

La vanille de Madagascar demande un travail de longue haleine avant de devenir telle que nous la connaissons, et certains producteurs n’hésitent pas à sacrifier leur savoir-faire pour tirer plus de profit.

C’est pourquoi depuis quelques années, les vanilles sont de moins bonne qualité, taux de vanilline en chute et fort taux d’humidité. Les producteurs en effet n’hésite pas à conditionner sous-vide des vanilles très peu séchées et qui à terme possèdent des risques élevés de moisissure, de fermentation et de présence de phénol (reconnaissable à son odeur médicamenteuse). Il est difficile aujourd’hui de lutter contre cette pratique malheureusement généralisée ; les producteurs étant bien trop nombreux. Si le prix de ces vanilles peut souvent paraître alléchant pour les acheteurs, attention de ne pas se méprendre, vous achèterez plus d’eau que de matière !

De plus, lorsque les prix sont à la hausse, le risque de vol su pied des vanilles augmente fortement. Cette insécurité est un grand facteur de cueillette des gousses avant maturité. La vanille peut représenter jusqu’à 90% des revenus familiaux, la laisser être volée représente une perte financière trop importante pour être supportable aux yeux des producteurs. Malheureusement une vanille cueillie immature sera une vanille faible en vanilline, principal composant aromatique de la vanille mais également excellent agent antiseptique de la gousse.

Si la qualité de la vanille de Madagascar continue de baisser et les prix d’augmenter, les acheteurs et particulièrement les industriels vont se détourner du produit au profit de la vanilline naturelle issue de la biotechnologie ou de la vanilline de synthèse. Les conséquences pour la population Malgache seraient donc importante, la vanille représentant pour mémoire la majorité de leur revenu.

A ce jour, le gouvernement Malgache et les vrais professionnels de la filière sont conscients de ces problématiques mais rien n’est réellement mis en place dans les faits. L’appât du gain, la spéculation et, pire, le blanchiment d’argent issu du trafic du bois de rose pourrissent la filière vanille. Que va-t-il advenir de la vanille, emblème de Madagascar, de ses producteurs et plus largement de la consommation mondiale de vanille naturelle, si rien n’est fait pour un retour vers le professionnalisme de cette filière ?