Impact du changement climatique sur la vanille

Le changement climatique est un sujet majeur pour le futur de notre planète. Preuve en est sa place prédominante dans l’actualité de la fin 2015, avec la tenue à Paris de la COP21. Le but de ce congrès était de trouver un terrain d’entente entre l’ensemble des pays pour minimiser l’impact de l’Homme sur la dégradation de l’environnement.

Quatre principaux points résument les conséquences du changement climatique :

– Montée des températures

– Elévation des océans

– Augmentation des précipitations

– Acidification des océans

Tous ont un impact direct ou non sur le monde agricole et sur le cours des matières premières. Quel est l’impact du changement climatique sur la vanille?

Une production en baisse

Il est constaté depuis quelques années que la production de vanille a évolué défavorablement. Cette baisse de production est liée à la pratique de prix trop faibles de 2004 à 2012 mais également aux changements climatiques.

  • Tahiti

La vanille de Polynésie Française, communément appelée vanille de Tahiti voit depuis 3 ans sa production baisser : 30% en 2013, 40% en 2014 et 50% en 2015. Ceci est lié d’une part à la régénération des plants qui a lieu tous les 7 ans, mais également à des précipitations bien trop abondantes pendant l’été austral de Novembre à Mars (période de récolte des fruits mûrs, les fruits ont été endommagés) et inversement à un manque de fraîcheur pendant l’Eté austral d’Avril à Octobre (période de fécondation des fleurs, l’absence de fraîcheur a freiné l’apparition des fleurs)

  • Mexique

Une forte sécheresse dans la partie nord de l’État de Veracruz, a contrecarré l’amélioration du volume de production. La récolte 2015 est estimée à près de 10 tonnes exportables.

Les producteurs de vanille au Mexique sont très découragés par le changement climatique qui les prive d’une bonne récolte et les pousse à investir leurs efforts dans d’autres produits.

  •  Madagascar

La situation à Madagascar est particulièrement inquiétante, puisque ce pays fournit plus de 80% du volume mondial. La récolte 2015, a été quasiment divisée par deux, ne permettant pas de répondre à l’intégralité de la demande mondiale.

Outre les cyclones, par lesquels Madagascar est souvent touché, ce sont des pluies trop abondantes et inhabituellement longues qui ont défavorisé une floraison suffisante pour la récolte de 2015. Les pluies ont été importantes jusqu’à mi-Octobre 2014. Grâce à un sol riche et de bonnes pluies, les lianes ont donc favorisé leur biomasse. Faute de stress (activateur de l’instinct de survie de l’espèce et de la floraison), les lianes n’ont pas ressenti le besoin de produire des boutons floraux. Ce manque de floraison a induit une faible récolte 2015 (commercialisation en 2016) d’environ 1 300 tonnes de vanille exportables.

N’oublions pas qu’une fleur = une gousse.

Selon certains observateurs, Madagascar se classerait dans les premiers pays qui seront à long terme les plus fortement impactés par le changement climatique. Ceci s’explique du fait de pratiques sur place non écologiques : déforestation pour la culture du riz et la vente du bois (trafic du bois de rose), utilisation de fuel par les centrales…

Quelles sont les conséquences de la baisse de production de vanille ?

  • Envolée des prix : du fait d’une production très fortement diminuée, notamment à Tahiti et à Madagascar, face à une demande soutenue.
  • Baisse de la qualité produite à Madagascar : le principal pays producteur de vanille, réputé pour son savoir-faire ancestral, perd en réputation. En effet les producteurs n’apportent plus le soin et le temps nécessaires à préparer la vanille. Il est assez récurent de constater dans le monde des matières premières que moins l’offre est forte face à la demande, plus les prix augmentent et plus la qualité baisse. « Pourquoi faire des efforts puisque tout se vendra ? ». De plus, Madagascar est en situation quasi-monopolistique avec plus de 80% de la production mondiale, les clients n’ont pour le moment pas d’autres alternatives d’approvisionnement.

La baisse de la qualité, couplée à une baisse de la production liée aux variations climatiques et à une trop forte hausse des prix engendreront, si aucune action n’est prise, la précarité accrue pour des dizaines de milliers de familles récoltantes, notamment à Madagascar, qui vivent essentiellement aujourd’hui de la culture de la vanille.

Il est donc de la responsabilité de chacun d’agir dès aujourd’hui.